«Au cours de l’exercice considéré, nous avons une fois encore nettement progressé par rapport à l’année précédente et battu de nouveaux records en termes de résultats.»

Anton Affentranger, CEO

«Par le passé, nous avons toujours insisté sur la nécessité de réaliser une amélioration significative dans le segment Suisse. Nous y sommes parvenus, comme le prouvent les résultats du dernier exercice.»

Beat Fellmann, CFO

 

 

«Nous avons encore beaucoup de potentiel au sein de notre Groupe»

L’année de son dixième anniversaire, Implenia a augmenté sa rentabilité et a posé des jalons afin de devenir un acteur significatif sur le marché européen de la construction. L’environnement de marché reste favorable, le potentiel de croissance future est là et, sur le marché suisse, le redressement des activités importantes de l’unité Buildings a été accompli avec succès. Lors d’un entretien, le CEO Anton Affentranger et le CFO Beat Fellmann discutent des défis à relever et reviennent sur une année riche en événements forts.

«Au cours de l’exercice considéré, nous avons une fois encore nettement progressé par rapport à l’année précédente et battu de nouveaux records en termes de résultats.»

Anton Affentranger, CEO

 

L’année écoulée a été marquée par la célébration des dix ans d’existence d’Implenia. Le Groupe a-t-il donc réussi sur tous les points?

Anton Affentranger: Nous avons réussi beaucoup de choses, mais pas tout, loin de là. Lorsque je me retourne sur les dix années qui ont suivi la création d’Implenia, je constate une évolution énorme. Nous nous étions fixé trois objectifs: réaliser des synergies au sein des activités suisses et dans les secteurs, et atteindre la taille critique nécessaire pour pouvoir aussi nous développer à l’international. Il me semble que ces objectifs sont atteints. Le succès de cette première décennie d’existence d’Implenia se reflète également dans l’évolution de notre valorisation: sans cesse, nous sommes parvenus à générer de la valeur.

Comment Implenia se maintient-elle en forme afin de pouvoir continuer à engranger des réussites?

Anton Affentranger: Nous nous battons jour après jour pour obtenir de nouvelles commandes et assurer l’exécution irréprochable des projets en cours. Nous pouvons ainsi satisfaire nos clients tout en réalisant une performance financière satisfaisante. Et dans dix ans, Implenia continuera de générer de la valeur, si toutefois nous savons réagir de manière agile et astucieuse à la forte évolutivité du marché.

Beat Fellmann: Nous sommes en permanence en transformation et allons vers un avenir de mutations fortes au sein du secteur. Je pense en particulier à la numérisation, à la «guerre des talents», ou au fait que l’année passée a été la première au cours de laquelle le nombre des nouveaux retraités a dépassé celui des nouveaux entrants sur le marché du travail. Ces défis sont importants, pour nous en tant qu’entreprise, mais aussi pour la société.

Le secret du succès d’Implenia serait donc de ne jamais rester immobile?

Anton Affentranger: Implenia évolue. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester statiques. C’est ainsi et cela doit le rester. Le marché et les clients ne nous permettent pas de nous reposer. Nous avons la force de nous développer en permanence. C’est pourquoi nous avons un bel avenir devant nous. J’en suis convaincu.

Beat Fellmann: Dans le même temps, nous nous appuyons sur un socle solide, celui de nos valeurs: la fiabilité, le développement durable, la transparence et l’excellence opérationnelle et financière. C’est également la condition nécessaire pour exploiter à l’avenir les opportunités nées du changement.

L’un des événements marquants de 2016 a certainement été l’inauguration du tunnel de base du Saint-Gothard. La participation d’Implenia à ce chantier a été déterminante. Que signifie ce projet pour Implenia?

Anton Affentranger: Nous avons réalisé les deux tiers de ce projet du siècle. Le fait que nous y ayons participé en tant qu’entreprise suisse, prouvant notre capacité à gérer un projet d’une telle envergure et complexité en termes de risque, de logistique, de technique et de personnel, est pour moi un sujet de fierté. Le Gothard constitue une part importante de notre réputation et une référence exceptionnelle.

Beat Fellmann: Grâce à ce projet, nous avons bâti, au centre de la Suisse, une pièce maîtresse de notre réussite. Ce n’est donc pas par hasard que notre vision affirme: nous développons et construisons la Suisse de demain. Et au bout de dix années, il ne s’agit plus seulement de la Suisse, mais aussi de l’Europe.

Au début de l’année, différents changements sont intervenus au sein du Conseil d’administration. Comment a évolué la collaboration entre le management et l’instance qui vient d’être constituée?

Anton Affentranger: Nous avons établi une très bonne collaboration. Le Conseil d’administration et le management avancent dans la même direction. C’est une autre raison du succès d’Implenia. Dans le même temps, le Conseil d’administration est davantage présent au sein de l’entreprise. C’est un signe important, y compris pour nos collaborateurs.

Revenons sur le déroulement de l’exercice 2016. Êtes-vous satisfait de la marche des affaires de l’année écoulée?

Anton Affentranger: Au cours de l’exercice considéré, nous avons une fois encore nettement progressé par rapport à l’année précédente et battu de nouveaux records en termes de résultats. Notre segment Development a, une fois de plus, réalisé une excellente performance. En ce qui concerne le segment Suisse, nous avons obtenu d’excellents résultats, dus en particulier au redressement réussi de nos activités Buildings. Par ailleurs, nous avons amélioré la qualité des carnets de commandes.

Beat Fellmann: Mentionnons également la performance convaincante de notre segment Infrastructure. Celle-ci est à mettre au compte non seulement des résultats satisfaisants de notre activité travaux spéciaux et génie civil en Suisse et en Allemagne, mais aussi de la bonne performance de nos unités tunnels en Suisse – et, de plus en plus, à l’international.

Anton Affentranger: A la différence de nos activités d’infrastructures à l’étranger, le segment International a pâti de notre performance décevante en Norvège. Nous avons déjà pris les mesures de correction qui s’imposaient et nous sommes confiants de pouvoir rétablir la situation dans ce pays, compte tenu du bon environnement de marché. Quant à la marche des affaires en Allemagne et en Autriche, elle a été conforme à nos attentes.

Beat Fellmann: A l’échelle du Groupe, nous avons nettement augmenté notre rentabilité, dans un contexte de chiffre d’affaires stable. Il y a quelques années, nous nous sommes fixé un cap menant vers un objectif d’EBIT à moyen terme de 140 à 150 millions de francs. Au vu du résultat de l’exercice, nous nous sommes clairement rapprochés de cet objectif. Mais nous n’y sommes pas encore tout à fait. Grâce à l’amélioration de notre positionnement international et à la bonne marche des affaires en Suisse, nous avons néanmoins posé les bases nous permettant d’atteindre cet objectif.

Vous avez évoqué l’année difficile en Norvège. A l’automne 2016, Implenia a procédé à certains changements organisationnels. Quelles en étaient les raisons?

Anton Affentranger: Nous avons dû reconnaître qu’une unité Scandinavie n’était pas la meilleure solution organisationnelle. Après d’intenses discussions avec les différentes équipes des deux pays, nous avons décidé de scinder l’organisation en deux unités territoriales disposant chacune de son propre management.

Beat Fellmann: Les organisations des deux pays sont à des stades de développement différents. La Norvège fait partie du Groupe depuis plus longtemps, elle est nettement plus importante et a pâti de la croissance insuffisante des années précédentes. En Suède, en revanche, il s’agit en fait d’une structure nouvellement créée.

Anton Affentranger: Avec comme nouveaux responsables Stig Ingar Evje en Norvège et Fredrick Björckebaum en Suède, nous avons identifié deux jeunes talents qui relèveront avec succès les défis qui nous attendent. Nous sommes persuadés que les mesures prises porteront leurs fruits en 2017 et 2018.

Grâce à Bilfinger Hochbau, Implenia renforce encore sa présence en Allemagne. Qu’attendez-vous de cette acquisition ?

Beat FellmannA la suite de l’acquisition de Bilfinger Hochbau, nous allons réaliser en Allemagne un chiffre d’affaires proche du milliard de francs. Notre position de marché n’a donc plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a seulement deux ans. En Allemagne, nous atteignons désormais une taille critique qui nous donne accès à un nouveau potentiel de croissance. Par ailleurs, nous avons aussi mis la main sur un portefeuille de clients attractifs et fidèles.

Anton Affentranger: L’Allemagne bénéficie d’une conjoncture exceptionnelle. Le pays a profité du système européen ainsi que de l’euro. La principale économie européenne a non seulement un grand retard à combler en matière de construction d’infrastructures, mais dispose aussi d’un marché du bâtiment très dynamique. Le fait d’avoir pu nous assurer un accès à ce marché est une excellente chose.

Mais ce potentiel, il s’agit désormais de l’exploiter. Implenia y parviendra-t-elle?

Anton Affentranger: Nous en sommes absolument convaincus. Sur nos marchés de base, nous avons mis en place une assise solide en termes d’organisation et de personnel. A partir de là, nous devrons désormais croître et développer nos activités.

Dans quelle mesure des tendances importantes comme la numérisation joueront-elles un rôle à cet égard?

Anton Affentranger: Cette tendance a une énorme importance pour l’ensemble du Groupe, et pas seulement pour certains marchés individuels. L’an dernier, nous avons réalisé plusieurs investissements dans ce secteur. Nous avons développé notre expertise en engageant des spécialistes, en achetant des licences de logiciels et en lançant des projets pilotes tant en Suisse qu’à l’international. En Suisse, en matière de numérisation, nous assumons pleinement notre rôle de leader de la construction et des services de construction, en collaboration étroite avec nos clients et nos partenaires. En dehors de la Suisse, on n’envisage souvent même plus de travailler autrement. Ainsi, en Norvège, une certaine compétence en matière numérique est considérée comme indispensable. Et, dans le cas de l’Albvorlandtunnel en Allemagne, nous utilisons des modèles BIM en étroite coopération avec Deutsche Bahn, la compagnie ferroviaire allemande.

Revenons pour finir sur les objectifs financiers. Ces dernières années, Implenia a toujours annoncé un objectif d’EBIT de 140 à 150 millions de francs d’ici à 2017. Maintenez-vous cet objectif?

Beat Fellmann: Nous avons toujours insisté sur la nécessité de réaliser une amélioration significative dans le segment Suisse. Nous y sommes parvenus, comme le prouvent les résultats du dernier exercice. Dans ce contexte, notre optimisme quant à la réalisation de cet objectif reste justifié.

Anton Affentranger: Nous avons fait un gigantesque bond en avant. Il s’agit de la première étape pour atteindre notre objectif de réaliser en 2017 un EBIT de 140 à 150 millions de francs. Au vu du positionnement actuel d’Implenia, nous avons un potentiel futur encore supérieur.

Cet entretien a été conduit par Reto Aregger.

«Par le passé, nous avons toujours insisté sur la nécessité de réaliser une amélioration significative dans le segment Suisse. Nous y sommes parvenus, comme le prouvent les résultats du dernier exercice.»

Beat Fellmann, CFO